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Capricorne tome 1 à 20

Voilà que devrait se terminer un des pans de l'oeuvre d'Andreas avec le vingtième (et dernier?) album de Capricorne.

Autant le dire de suite, c'est dur. Très dur à lire. Certains argueront qu'Andreas est un maître et un maître ça ne se discute pas. Si on n'a pas compris, c'est qu'on est débile et qu'on ferait mieux de se taire. Un peu comme pour un film de David Lynch. Mais bon, je me dois d'élever ma petite voix pour préciser que... c'est quand même difficile.

C'est l'histoire qui est difficile. Très ésotérique. Le contenu en lui-même tourne autour de la ville de New York, de mondes parallèles, de machines extra-terrestres, de divinités, d'un groupe maléfique qui disparaît aussi vite qu'il est apparu et j'en passe des belles et des meilleures. Donc, ça touche toutes les possibilités; donc il faut s'accrocher pour suivre.

Ensuite, l'auteur a un fil conducteur autour duquel viennent se greffer des histoires. On navigue donc entre l'intrigue principale et d'autres. Autant dire que sur vingt albums, ça n'est pas toujours facile à suivre. De plus, l'auteur à l'habitude de réaliser la communication entre personnes à force de sous-entendus (qui s'amplifient selon moi au fur et à mesure des albums) : "Maître, vous les avez vus?". "Oui, c'est étrange qu'ils soient déjà là". "Seul, Mordor Gott a pu réaliser cela". "Mais oui, c'est évident"... Et voilà, sur base de cela il faut comprendre que (dans ce monde fantastique rappelons-le, donc pour lequel il nous est difficile d'effectuer des conclusions) seul Mordor Gott pouvait faire cela. Sans que l'on sache ce qu'est "cela". Et l'histoire continue sur le même rythme. Certains diront qu'on n'a pas besoin de tout comprendre, mais au bout de plusieurs albums j'ai plus eu l'impression d'être perdu que d'être porté par un quelconque mystère ou romantisme.

Autre caractéristique, un personnage a une discussion avec Capricorne dans le tome 4. "Vous étiez à l'appartement tout à l'heure?" "Oui, Mordor Gott m'y attendait. C'est là qu'il m'a donné la pierre...". Et soudainement, la tour où les personnages se trouve prend feu et tout le monde doit partir, sauver sa peau, est pris dans une course-poursuite échevelée et l'histoire continue. Capricorne, tome 16: "Tu vois fî, la pierre que Mordor m'a donnée m'a ouvert les portes de l'infra-monde, c'est là que j'ai pu accéder aux cubes qui vont nous donner accès à l'antenne". Donc comme ça, l'air de rien, douze albums plus tard, on nous fait un lien avec un élément qui semblait être un détail mais qui a sa place dans l'édifice. Alors les puzzles à plusieurs tiroirs, il y en a que ça excitent, moi... Et encore, parfois c'est une discussion interrompue à l'album 5 qui reprend comme si de rien était à l'album douze. Donc il faut être très attentif dans ce monde fantastique et fourmillant de sous-entendus.

Les exemples ci-dessus sont bien entendus fictifs, mais l'avantage c'est qu'ils sont faciles à inventer car il suffit qu'ils n'aient ni queue ni tête.

Par contre, graphiquement, on peut aimer ou pas le style d'Andréas, fait de traits droits autant que possible (cheveux à la manga), à se demander pourquoi les roues des véhicules ne sont pas carrées, mais il faut reconnaître que cet auteur fourmille d'idées parfois incroyables. Notamment cette course-poursuite en automobiles où les cases représentent les opposants en gros plans tandis que l'espace entre les cases est peuplées de voitures et représentent donc en fin la route. Ceci permet donc sur une page de représenter la course-poursuite à deux niveaux narratifs (les personnages et les voitures). Il y a aussi l'album nommé "Vu de Près" où pour ainsi dire chaque case est constituée de gros plans des personnages (tête, pieds,...). Un peu soûlant à la fin (tout un album) mais on ne peut qu'admirer la recherche graphique de l'auteur.

Au final, pas mécontent d'en avoir fini avec cette série (j'y comprenais de moins en moins quelque chose) mais c'est sûrement car je suis un simple d'esprit. C'est comme un film à Cannes, si on n'a pas compris, c'est que le problème, c'est nous et pas le film. Mais rien que pour le côté graphique de certaines trouvailles (innombrables sur vingt albums), c'est intéressant à lire.

Pour vous faire une idée (surtout les gens intelligents) : ici

Legof (comme s'il y avait quelqu'un d'autre qui écrivait sur ce blog, ah! la blague)

Catégories : 3 - Ah, bon, oui, Fantastique, Le Lombard 0 commentaire

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