Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Libertalia - Le Triomphe ou la Mort

"Libertalia" est le nom d'un lieu dans une île de l'océan indien où des pirates ont créé un lieu de vie de parfaite égalité, de parfaits échanges où chacun à sa place dans l'intérêt de la communauté. Les prémices du communisme. C'est cette utopie que "Libertalia" nous conte en trois albums, le premier venant de sortir et racontant ce qui précède cette arrivée sur l'île.

A la base, le sujet est intéressant et peu (pas?) traité en bandes dessinées. Au feuilletage, le dessin est agréable à l'oeil, le rendu des îles paradisiaques au ciel bleu immaculé n'y est pas étranger. Hop, ni une, ni deux, j'achète l'album.

Puis je le lis.

Puis je le referme.

Puis je sais que je ne le rouvrirai jamais.

Quelle déception mes amis! Trop d'attente de ma part? Je ne crois pas. A mes yeux, le tout gros problème vient de la narration. Et je pense que les auteurs n'ont pas su faire leur choix entre raconter une histoire, quitte à la rendre fictive, et réaliser un documentaire sur ce que l'on sait de cette épopée. C'est d'autant plus surprenant que les protagonistes de cette histoire, bien qu'apparemment réels, sont très peu connus et documentés. Par conséquent, les auteurs ont dû faire preuve d'imagination et avaient donc liberté de raconter les choses comme ils le voulaient.

Un exemple des problèmes de narration est le fait que le capitaine Misson se fait voler son bateau par un autre pirate. Plus loin, en une demi-page il a récupéré son bateau. C'est un peu court jeune homme. Ca sent un peu le côté: on doit en parler, mais on n'a pas la place. Du coup, dans la narration, on a parfois l'impression d'avoir entre les mains une bande dessinée comme on en faisait dans les années 60. Les auteurs auraient pu se passer de raconter cela ou alors ils auraient dû prendre plus de temps. Tout comme à certains moments la succession de cases fait plus penser au fait qu'il faut avoir dit quelque chose, avoir donné les éléments plutôt qu'avoir peaufiné la façon dont on les dit pour intriguer et enrôler le lecteur. Cette difficulté dans la narration induit également qu'à certains moments, il n'est pas facile de savoir qui est qui. Quand on dit "il", "lui" et qu'on ne sait pas trop où on en est parce que le dialogue est court, on perd un peu le fil. Et parfois les transitions entre les séquences sont si abruptes qu'on doit s'y prendre à deux fois pour vérifier que l'on n'a pas tourné deux pages à la fois. 

Le dessin quant à lui à le bonheur d'être personnel et coloré. Très chatoyant et fourmillant de décors, il est agréable à lire. Mais il ne peut contre-balancer la faiblesse de la narration. Je ne pense pas m'attarder aux albums 2 et 3 de cette série et c'est bien dommage.

Legof

Tous les détails pour vous faire votre propre opinion sont ici

Catégories : 4 - Peut mieux faire, Casterman, Historique 0 commentaire

Les commentaires sont fermés.